à vOuS dE jUgEr
La République pue!
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Les Brèves de N'djaména: Le Tchad à Beijing, la honte - tchadactuel.com
La délégation tchadienne aux jeux olympiques de Pékin est déjà rentrée à N’djamena. Composée de 25 personnes, on n’y trouve que deux athlètes dont une mineure de 15 ans et une autre de 32 ans.
Les deux n’ont pris part à aucune compétition Le Ministre de la jeunesse et des sports a eu une enveloppe de 95 millions de CFA, le PM, YSA une enveloppe de 185 millions de CFA, mais Kaltouma Nadjina et sa collègue n’ont pas pu participer, même pas eu l’honneur de faire partie de la délégation, faute de … billets. Revenus à Paris juste après la cérémonie d’ouverture, quelques tchadiens ont pris d’assaut les différentes boites de nuit et d’autres Tati. Pathétique.
Le MJE aussi a sa liste des condamnés à mort – le site de l’aile dissidente du MJE a publié une liste des individus que l’aile du Dr Khalil a condamnés à mort. Cela prêterait à sourire si un incident survenu pendant la semaine à Tiné – Tchad, n’est pas venu rendre un peu sarcastique le sourire. Dans la nuit du lundi deux véhicules militaires, l’un conduit par un élément du MJE du nom Hissène Hachim Fadoul et un autre conduit par un élément de la Région militaire, attaquent le domicile d’Ali Youssouf Abakar, un des condamnés à mort, le blessant gravement, ainsi que d’autres.
Echange des coups de feu et fuite des assaillants en abondant une liste – décision, signée de la main du Patron du MJE et qui condamne à mort un certain nombre des personnes. Le matin, les enquêtes effectuées par les parents des victimes, permettent de mettre la main sur le chauffeur de la Région militaire. Le Com OPS, Mahamat Souleymane Ahmat est interpellé. Celui-ci se disculpe en déclarant qu’il n’est absolument au courant de rien, ne sait rien. C’est Abderahim Bahar qui l’a appelé par téléphone depuis N’djamena et lui a donné l’ordre de mettre à la disposition de Hissène Hachim Fadoul un véhicule avec des éléments armés, et qu’il n’a fait qu’exécuter les ordres de son Chef.
La tension est vive et tout peut arriver entre certaines familles. Que vient faire Abderahim Bahar Itno, le neveu de Deby et Chef d’Etat Major de l’armée, dans une querelle interne au MJE ? L’aile dissidente du MJE est composée majoritairement des éléments tchadiens qui refusent le leadership de Dr Khalil et surtout de combattre pour Deby. La présence d’Abderahim dans cette querelle inter MJE signifie que Deby a décidé aussi de condamner à mort les dissidents du MJE. Affaire à suivre.
Beremadji Félix
N’djamena
Tchadienne, Tchadien,
Quand l’injustice acquiert force de loi, la résistance devient un devoir. La République pue. Notre République pue et tue. Il est du devoir de chacun d'entre nous, de mener jusqu’à son terme la lutte de la résistance, le combat pour notre survie, la survie du Tchad notre pays! N'ayons pas peur. faisons ensemble fermement face à l'adversité. pour nous même et pour nos enfants, nous pouvons pas nous permettre de nous soustraire à cette responsabilité!
Toi, tchadienne ma sœur, tchadien mon frère,
Où que tu te trouves, au Tchad, à la Présidence, à l'hôpital, aux champs, en transhumance, au Lycée, en exil, au marché ou même partout ailleurs dans le monde: fais quelque chose! Fais ce qu’on pouvait raisonnablement attendre de toi, qui puisse contribuer à extirper le plus rapidement possible, cette gangrène du flanc de la nation, de notre nation, pour le bien commun du peuple.
Agis au lieu de rester là et crever
Sois digne, sois digne de ce grand pays !
Michelot Yogogombaye.
TCHADIENNE, TCHADIEN,
GET UP, STAND UP,
GET UP FOR YOUR RIGHTS!

TA LIBERTÉ NAITRA DE TON COURAGE!
LÈVES LES YEUX,
ENTREVOIS-TU UN AVENIR POUR TES ENFANTS?
Bonnes fêtes!
Bureau exécutif du Conseil National du
rdpl, pour un "mieux vivre-ensemble".
Monsieur Reed Brody, aidez-nous à rendre justice à Lumumba.
Une nuit de janvier 1961, deux officiers belges se livrent à ce qu’il est convenu d’appeler une "sale besogne". Ils achèvent de découper un corps en morceaux qu’ils jettent dans un fut d’acide afin de le dissoudre. Le crâne n’étant pas dissous sera réduit en poudre et dispersé. Un des officiers, le belge Gerard Soete, déclarera avoir conservé un doigt et une dent en or provenant de la victime. Le corps est celui de Patrice Emery Lumumba, premier ministre élu depuis 6 mois du Congo nouvellement "indépendant". Sa mort signe la descente aux enfers d’un pays, le Zaire, dont l’étendue et les richesses minières et minérales en font un "scandale géologique". Retour sur la vie et mort du "prophète", Patrice Lumumba.
Patrice Lumumba naît le 2 juillet 1925 à Katako Kombé dans le nord du Kasai. Il va à l’école missionnaire catholique, puis fréquente une école protestante tenu par des religieux suédois. Ses études terminées, il cherche du travail dans la province du kivu et est pendant un temps employé d’un société minière, jusqu’à ses 20 ans, en 1945, à la fin de la seconde guerre mondiale. Il est déjà un de ceux qu’on appelle les "évolués", une minorité d’individus ayant bénéficié d’une éducation "moderne" et intellectuellement privilégiés. Lumumba travaille ensuite pour l’administration des postes à Leopoldville, puis Stanleyville. En septembre 1954, il reçoit sa carte "d’immatriculé" : le détenteur de cette carte qui est une invention de l’administration coloniale est supposé vivre à "l’européenne", avoir de bonnes mœurs et de bonnes conduites. 217 cartes seront distribuées jusqu’en 1958 (sur 13 millions de congolais !). En 1955, Lumumba qui écrit depuis 1951 dans divers journaux existants crée une association L’APIC (association du personnel indigène de la colonie) , profitant du relatif espace de liberté laissé par l’administration coloniale dans le domaine associatif, qui est apolitique.
En juin 1955, Lumumba a l’occasion de s’entretenir avec le roi Baudouin en voyage au Congo sur la situation des congolais et de la communauté belge. A cette période le ministre du Congo est le libéral Buisseret, membre du parti libéral belge qui veut créer un enseignement public, ce qui plaît à Lumumba et à d’autres "évolués" qui se retrouvent dans la section congolaise du parti libéral belge. Lumumba et quelques "notables" congolais se rendent en Belgique sur invitation du premier ministre. A son retour Lumumba effectue quelques mois en prison pour une affaire de détournement de fonds. Il est libéré plus tôt que prévu courant 1957, et reprend ses activités associatives de même que son nouvel emploi de directeur des ventes dans une brasserie belge.
Au courant de cette année, le gouvernement belge prend quelques mesures de libéralisation. Pour la première fois, syndicats et partis politiques vont être autorisés. En 1958 se tient en Belgique l’exposition universelle. Quelques congolais sont conviés afin que le monde voit les réussites de la mission civilisatrice belge. Parmi eux, Patrice Lumumba qui en profite pour nouer des contacts avec les cercles anti-colonialistes belges et se documenter. C’est sans doute à cette période que la pensée politique de Lumumba prend sa forme définitive. Rentré au pays, Lumumba crée le premier mouvement national à base non ethnique, le Mouvement National Congolais (MNC) à Léopoldville le 5 octobre 1958. En décembre de la même année, Lumumba participe à la conférence panafricaine d’Accra au Ghana, impulsée par le dirigeant ghanéen Kwame Nkrumah. Fin décembre lors d’un meeting, Lumumba qui jouit d’une grande popularité effectue une conférence meeting qui rassemble 10 000 personnes. Il y rend compte de la conférence d’Accra et met en évidence la revendication de l’indépendance pleine et entière.
En octobre 1959, le MNC organise une réunion unitaire à Stanleyville avec d’autres partis qui sont d’accord pour réclamer l’indépendance immédiate et inconditionnelle. La foule congolaise qui assiste à la réunion manifeste son approbation. Les forces de l’ordre interviennent, essayant d’arrêter Lumumba. Ne pouvant y arriver, elles tirent dans le tas, faisant 30 morts. Deux jours plus tard, Lumumba est arrêté pour avoir appelé à la désobéissance civile et au boycott des élections organisées par le pouvoir colonial tant qu’une décision n’est pas prise pour la formation d’un gouvernement congolais.
Le procès se déroule du 18 au 21 janvier, et il est condamné à 6 mois de prison. Début 1960, le 11 janvier, une table ronde réunissant les différents acteurs congolais impliqués dans l’indépendance et le gouvernement belge est prévue pour...le 20. Lumumba qui est toujours emprisonné ne peut donc y participer. Malgré les oppositions internes, les différentes parties congolaises en présence exigent la participation de Lumumba à la conférence. Ce dernier arrive à Bruxelles le 26. A la table ronde, la date de l’indépendance est fixée au 30 juin et les congolais sont les premiers surpris de ce succès qu’ils n’attendaient pas.
En mai, des élections sont organisées et le MNC de Lumumba arrive en tête. Lumumba, malgré une première volte face du gouvernement belge est chargé de former le gouvernement congolais et Joseph Kasavubu obtient la présidence (dont les pouvoirs sont surtout symboliques). Fin juin, plus précisément le 30, le roi et le premier ministre belges sont présents lors de la cérémonie de proclamation de l’indépendance au palais de la nation à Leopoldville. Après les discours des uns et des autres, c'est alors que l'inattendu arrive. Se déclarant prêt à accepter l’assistance de nombreux pays étrangers dont la collaboration sera loyale et qui ne chercheront pas à imposer quelque politique que ce soit, Lumumba brise le consensus de ce qu'on appellerait aujourd'hui le "politiquement correct".
S'adressant non au roi Baudouin, devenu blême, mais aux "Congolais et Congolaises, combattants de l'indépendance aujourd'hui victorieux", il rappelle ce que fut "l'humiliant esclavage" imposé par ce Léopold II dont Baudouin vient de glorifier le génie: "Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres. Nous avons connu que la loi n'était jamais la même selon qu'il s'agissait d'un Blanc ou d'un Noir: accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres". (...)
Patrice Lumumba est salué finalement par une véritable ovation. Pour les notabilités belges, depuis le roi Baudouin, livide jusqu 'au Premier ministre Gaston Eyskens, en passant par le général Janssens, commandant en chef de la Force publique, l'affront est peut-être de ceux qu'on ne pardonne pas.
Le 5 juillet, après une mutinerie des soldats congolais de la Force publique contre les officiers belges qui refusent l’africanisation des cadres, Lumumba décide d’africaniser les cadres de l’armée, ce qui rend impossible le contrôle du gouvernement congolais par l’ex puissance coloniale. La Belgique envoie des troupes au Katanga où se trouve Moise Tschombé qui peut être considéré comme son homme de paille, ce dernier déclare la sécession du Katanga, la province la plus riche du Congo (elle génère 2/3 des revenus du pays, et l’Union Minière du Haut Katanga, contrôlée par des entreprises américaines, britanniques et belges produit 60 % de l’uranium mondial, 73% du cobalt, 10% du cuivre...). Lumumba demande l’intervention de l’ONU qui envoie des troupes partout sauf au Katanga, et refuse de s’opposer à "l’indépendance" du Katanga dont elle n’ignore pas l’illégalité.

En septembre, Joseph Kasavubu qui est devenu un adversaire de Lumumba le démet de ses fonctions de premier ministre, mais celui ci est confirmé dans ses fonctions par la chambre et le sénat congolais. Mi septembre le colonel Mobutu qui effectue là son premier coup d’Etat "neutralise" le gouvernement,( qui est remplacé par des "commissaires") jusqu’au 31 décembre. En octobre, la résidence de Lumumba est encerclée et il est maintenu en résidence surveillée. Fin novembre, Lumumba essaye de s’enfuir afin de gagner Stanleyville alors aux mains de ses partisans. Il ne réussit pas et est rattrapé par les soldats de Mobutu, frappé et molesté en présence de troupes ghanéennes de l’ONU, qui restent impassibles sur ordre de leurs supérieurs. Lumumba est détenu à Tsyville en compagnie de joseph Mpolo et de Maurice Okito. Mi janvier, ils sont transférés à Elisabethville, aux mains de leur ennemi numéro un Moise Tschombé. Les trois hommes sont abattus d’une rafale de mitraillette par des militaires katangais en présence de trois officiers de nationalité belge après avoir été torturés.
Presque 40 ans après les faits, le témoignage du militaire belge Gerard Soete expliquant comment le corps de Lumumba fut découpé et dissous par lui et quelques autres personnes qui l’assistaient dans sa tâche macabre, puis le livre (paru en 2000) du sociologue belge Ludo de Witte sur l’assassinat de Lumumba soulevèrent tant de réactions que le parlement belge décida d’ouvrir une enquête destinée à évaluer la responsabilité de la Belgique dans la mort de Lumumba.

Ce rapport aboutira à une déclaration du gouvernement belge le 5 février 2002 :"A la lumière des critères appliqués aujourd'hui, certains membres du Gouvernement d'alors et certains acteurs belges de l'époque portent une part irréfutable de responsabilité dans les événements qui ont conduit à la mort de Patrice Lumumba. Le Gouvernement estime dès lors qu'il est indiqué de présenter à la famille de Patrice Lumumba et au peuple congolais ses profonds et sincères regrets et ses excuses pour la douleur qui leur a été infligée de par cette apathie et cette froide neutralité."
Le rapport mentionne les obstacles dressés sur la route de Lumumba par la Belgique : encouragement de la sécession kantagaise, grandes sociétés minières payant leurs impôts au "gouvernement" secessioniste au lieu du gouvernement central de Lumumba, fonds secrets de 6 millions d’euros actuels votés pour les actions de destabilisation (livraison d’armes, tentatives d’enlèvement, préparation d’attentats...), propos du ministre belge des affaires étrangères de l’époque "il faut mettre Lumumba hors d’état de nuire". Bien que les députés, désireux d'obtenir un consensus, ne se soient pas avancés sur la responsabilité politique des autorités de l'époque, leur travail est d'une grande honnêteté intellectuelle et a abouti à la reconnaissance officielle de la responsabilité "morale" belge dans l’assassinat de Lumumba.

Côté américain, le rôle de la CIA était mentionné depuis bien longtemps et est confirmé par un article du Washington Post de juillet 2002 faisant référence à des archives américaines déclassifiées : "la CIA travailla avec un groupe de huit Congolais au sommet de l'Etat et à qui elle paya des sommes importantes et qui jouèrent tous de grands rôles dans la chute de Lumumba. Il s'agit notamment du Président Kasa-Vubu, de Mobutu (alors chef d'Etat-Major de l'armée), du ministre des affaires étrangères Justin Bomboko, d'Albert Ndele, du président du senat Joseph Lleo et de Cyril Adoula...". En novembre 1960, elle a fourni des moyens matériels aux soldats de Mobutu (armes, munitions, matériel de sabotage...).
Plus de 40 ans après sa disparition, les circonstances de la mort de Patrice Lumumba sont donc largement connues. Si le courage de la Belgique de s’attaquer à son passé colonial peut être salué, on peut se demander dans quelle mesure cette action marque de nouvelles relations entre ex puissances coloniales et ex colonisés. Ajoutons à cela que le Congo-Zaïre ne s’est jamais remis de la mort de son leader, le seul démocratiquement élu. Que serait devenu l’un des pays les plus vastes et les plus riches d’Afrique avec un homme intègre à sa tête ?
"Un jour, l’histoire aura son mot à dire, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseigne à l’ONU, à Washington, Paris ou Bruxelles, mais l’histoire qu’on enseignera dans les pays libérés du colonialisme et de ses marionnettes. L’Afrique écrira sa propre histoire. Une histoire faite de gloire et de dignité".
Patrice Lumumba
source: Grioo.com
Des soldats français torturent au Congo! Au Tchad aussi

à chacun son nègre
Selon des Suédois, un Congolais aurait été torturé pendant l’opération Artémis en 2003. L’armée française a ouvert une enquête.
C’est une information qui n’a trouvé presque aucun écho en France, mais qui fait scandale en Suède: des soldats des forces spéciales suédoises affirment avoir été témoins d’un cas de torture, qui aurait été perpétré en juillet 2003 par des soldats Français, lors de l’opération « Artémis » menée sous l’égide de l’Union européenne en République démocratique du Congo. Saisis l’été dernier par leurs homologues suédois, les responsables de l’état-major militaire français confirment avoir ouvert une enquête sur la question.
L’information a été dévoilée par la télévision publique SVT1, la semaine dernière, dans un documentaire diffusé dans l’émission d’investigation Uppdrag Granskning. Elle a depuis été, selon un des riverains de Rue89 vivant en Suède, "relayée par tous les grands médias, à commencer par Dagens Nyheter et Svenska Dagbladet, les deux grands journaux".
Roué de coups et étranglé
Artémis était le nom d’une l’intervention dans la province d’Ituri, la première opération militaire de stabilisation menée par l’Union européenne en dehors de ses frontières. La région était en proie à des massacres entre miliciens de plusieurs groupes rivaux, accompagnés d’exactions sur la population civile. La force européenne avait pour mission de stabiliser la situation, d’améliorer la situation humanitaire, de protéger l’aéroport et les camps de réfugiés de Bunia et, si la situation l’exigeait, d’assurer la sécurité de la population civile et du personnel des Nations unies et des organisations humanitaires dans la ville. Dix-huit nations participaient à Artémis; la France avait pris la direction des opérations.
Un camp à Bunia, "chem-chem", abritait des troupes françaises et suédoises. L’incident dénoncé par les soldats suédois y aurait eu lieu le 13 juillet 2003. Un jeune congolais d’une vingtaine d’année, qui s’était introduit dans le camp, aurait été victime de violences injustifiées pendant "six à huit heures", lors d’un interrogatoire mené par les soldats des forces spéciales françaises.
Le documentaire, "Le Destin de Joseph" (lire son résumé en français), réalisé par trois journalistes, présente plusieurs militaires qui dénoncent la passivité de leurs supérieurs face aux violences françaises. Les soldats, anonymes, ne sont pas identifiables à l’écran. L’officier suédois mis en cause a affirmé depuis avoir été prévenu trop tard de ce qui se passait.
L’homme, en tenue civile, aurait été tiré par une corde attachée autour de son cou, et roué de coups de bâton. Selon un soldat suédois "le prisonnier s’étranglait quand il trébuchait". L’usage d’électricité pendant l’interrogatoire, la simulation d’une noyade, ou celle d’une exécution publique, ont également été rapportées. Les soldats suédois entendaient le prisonnier crier. Un des soldats interrogés par l’équipe de Uppdrag Granskning affirme:
"Il arrive encore que je me réveille les nuits en entendant les cris. C´était comme si on étranglait un chat, personne dans le camp pouvait éviter de l´entendre. Celui qui dit qu’il n’a pas entendu parler de ça, il ment. »
A minuit, le prisonnier aurait été emmené dans une Jeep, cagoulé. L’équipe de télévision n’a pas pu le retrouver. Ils ont juste un prénom, Joseph.
Un soldat suédois craint que les Français ne l’aient relâché dans le camp de ses adversaires.
Témoignages contradictoires
L’état-major français a été informé par les suédois de ces accusations l’an dernier, après une plainte déposée en mai. Depuis, des enquêtes préliminaires ont été conduites tant en France qu’en Suède. Les enquêteurs suédois estiment aujourd’hui qu’il est "hautement probable" que les témoignages accusateurs soient solides, et que des méthodes "assimilables à la torture" aient été utilisées. Le porte-parole du ministère suédois de la Défense, Roger Magneraad, a publiquement accusé les soldats français d’avoir "utilisé des méthodes s’apparentant à la torture". Mais on est beaucoup plus prudent en France.
Les autorités françaises reconnaissent qu’un incident a eu lieu, après qu’un congolais se fut introduit une nuit dans le camp militaire. Mais pour le reste, motus. "Nous avons comparé les résultats des enquêtes ces dernières semaines, et nous avons constaté de nombreux éléments contradictoires", commente-t-on au ministère de la Défense.
Les témoignages recueillis divergent "sur les conditions de détention du prisonnier congolais" et notamment sur l’attitude des militaires français. " Il y a des trucs qui ne collent pas, et le général Jean-Louis Georgelin [chef d’état-major français des armées, ndlr], a donc ordonné l’ouverture d’une enquête approfondie" . Une enquête annoncée par un communiqué le 2 avril, confiée à l’inspection des forces en opérations et de la défense du territoire" et qui, compte tenu des divergences, pourrait durer "assez longtemps".
Source: rue89
Discrimination raciale dans les universités chinoises - Bakchich
Si la rumeur voulant que les bars pékinois soient fermés aux Noirs et aux Mongols pendant les Jeux olympiques n’a pas pu être confirmée, il n’en demeure pas moins que les professeurs d’anglais issus de pays africains sont bannis des universités chinoises.
« Il n’y a pas de discrimination raciale en Chine » martèle le Parti Communiste et les responsables chinois. La République Populaire a été décrétée « société harmonieuse » par ses dirigeants et les relations Chine-Afrique, relations gagnantes-gagnantes pour le meilleur et bien sûr jamais pour le pire. Mais derrière ce discours officiel se cachent d’autres vérités bien moins reluisantes. Notamment dans le domaine de l’enseignement de la langue de Shakespeare dans les facs chinoises. Les professeurs d’anglais issus des anciens empires coloniaux n’ont en effet pas droit de citer dans les institutions chinoises d’enseignement. En clair : trouver un poste dans l’enseignement public si l’on vient d’Afrique, du sous-continent indien ou même des Philippines relève quasiment de la mission impossible. Les facs chinoises préfèrent — et dans cet ordre s’il vous plaît — les Américains suivis des Canadiens, des Britanniques, des Néo-Zélandais et des Irlandais.
Un « secret d’état »
« Au printemps 2006, témoigne encore choquée une professeur de nationalité britannique qui enseigne dans une université à proximité de Pékin, un officiel du waiban (le bureau des relations internationales qui gère les professeurs étrangers) m’a confié qu’une réglementation du Bureau des Experts Etrangers de la province interdisait désormais à l’ensemble des institutions chinoises d’enseignement de recruter des professeurs possédant la nationalité de l’un des cinquante-quatre Etats d’Afrique ». Cette réglementation discriminante n’était, d’après ce fonctionnaire bavard, « ni un acte institutionnel raciste ni une forme de discrimination flagrante », mais « une simple mesure préventive ». Ben voyons…

Les enseignants africains ne sont pas les bienvenus dans les facultés chinoises et les raisons avancées en privé rappellent des clichés qui ont la peau dure…
© Khalid
« C’est un secret d’État » avait même enfoncé cet officiel décidément en verve pour un pays où l’on ne se confie guère aux étrangers. Il a ensuite tenté de justifier cette décision, qui a depuis été étendue à l’échelle nationale, par les problèmes engendrés par des professeurs originaires d’Afrique. Selon lui, sans aller jusqu’à troubler l’ordre public, « le comportement de ces enseignants choquaient l’entendement de la bienséance chinoise » (sic !). Pour justifier ses dires, il faisait référence au tragique suicide d’une étudiante entretenant une relation amoureuse avec l’un de ses professeurs.
Cherche prof d’anglais, caucasien de préférence
Hélas, la diatribe acérée de cet officiel de l’administration n’est qu’une manifestation supplémentaire des clichés racistes que nourrissent bon nombre de Chinois envers les Africains. Ces derniers se manifestent également au travers des pressions que les parents d’élèves infligent aux directeurs d’écoles. Beaucoup refusent que leurs chères têtes brunes apprennent l’anglais victorien avec l’aide d’un ancien sujet colonial de sa Majesté, personne impropre, selon eux, à enseigner la langue de ses anciens maîtres ! Ils en seraient capables de retirer leurs enfants des classes, ce qui représenterait une perte financière non négligeable pour les établissements scolaires. Résultat : ceux-ci préfèrent s’abstenir de recruter des « non caucasian teacher of english as a foreign language (littéralement Professeur non caucasien d’anglais en tant que langue étrangère) », bel euphémisme trouvé par la langue… anglaise.
Ibni Oumar Mahamat Saleh: la France a fait son devoir!
 
Le chef de l'Etat français a "réfuté toute intervention française" dans les combats et a prévenu que Paris aurait les moyens de s'opposer à toute agression contre N'Djamena.

véhicule blindé de l'armée française suivi d'un 4X4 de retour de la ligne de front après avoir fait leur devoir au marché central de N'djaména.
Si le Tchad était victime d'une agression, la France aurait les moyens de s'opposer à cette action. Chacun est averti et doit prendre ses responsabilités.» Alors que les rebelles tchadiens, en lutte contre l'armée régulière, ont accepté mardi le principe d'un cessez-le-feu immédiat, Nicolas Sarkozy a sévèrement mis en garde contre toute tentation de reprendre les armes. «C'est par les élections qu'on prend le pouvoir et pas autrement» a remarqué le chef de l'Etat. «Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné les attaques et appelé ses membres à apporter leur soutien au gouvernement du Tchad, il faut laisser le Tchad tranquille» et «arrêter maintenant avec ces actions rebelles», a lancé le président français, en déplacement à La Rochelle. «Si la France doit faire son devoir, elle le fera. Que personne n'en doute», a averti Nicolas Sarkozy.
Mais la communauté internationale soupçone la France d'être intervenue directement dans le conflit qui a fait, depuis samedi, au moins 1000 morts et plus de 1000 blessés à N'Djamena. Dans un communiqué, elle condamne « l'intervention directe de l'aviation française qui a causé d'énormes victimes civiles, notamment sur le Lycée de la Liberté et le marché central» de N'Djamena. Des affirmations, comme à l'accoutumée, démenties par Paris. « Il n'y a eu aucun tir de l'armée française si ce n'est pour protéger nos compatriotes [ce fut le cas samedi au marché central quand les rebelles se sont approchés de trop près de la présidence de la République du tchad; ce fut aussi le cas ce même samedi quand [ils] ont empêché d'utiliser l'aéroport pour faire décoller les hélicoptères. ce sont les seuls cas où la France est amenée à faire son devoir. Si des civils ont été atteint par nos tirs, il faut tout de même souligner que nos soldats étaient en état de légitime défense: la défense des intérêts français au tchad, au delà, en Afrique», a souligné Nicolas Sarkozy. En outre, des sources diplomatiques sur place ont pas confirmé que les chasseurs Mirage F1 français ont pilonné les rebelles depuis le début des combats.
La France demande au gouvernement tchadien de rejetter la trêve
N'Djaména, le 3 février 2008. peu après ce passage de l'armée française dans le quartier des opposants, trois de ceux-ci ont été enlevés de leur domicile. l'un d'entre eux, Ibni Oumar Mahamat Saleh, n'en revienait plus.
Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a, quant à lui, salué l'enlèvement des trois pricipaux leaders de l'oposition démocratique avant le cessez-le-feu. Cependant, le chef de la diplomatie française a conseillé les autorités tchadiennes de subordonner cette trêve (acceptée par les rebelles) à l'abandon de leur part, toute prétention à «l'instauration d'un régime politique véritablement démocratique» -car ceci pourrait passer par le départ du président tchadien Idriss Deby, président démocratiquement élu. Constatant que les rebelles étaient «matés» et réduits à des éléments en déroute, et que l'opposition démocratique était décapitée, le gouvernement français qui a dé tpêché son Ministre de la défense dans la capitale tchadienne dès le 6 février 2008, a conseillé le Président tchadien de rejeter ce cessez-le-feu concédé par les groupes armés après d'intenses combats. La rébellion est « consciente des souffrances des populations tchadiennes et souscrit aux initiatives de paix des pays frères, la Libye et le Burkina Faso » a justifié un porte-parole de l'alliance « des forces de résistances nationale », dont deux colonnes de véhicules seraient en mouvement dans l'est du pays.
Depuis le début des affrontements, entre 15.000 et 20.000 Tchadiens se sont réfugiés au Cameroun voisin, un exode qui inquiète la communauté internationale. La ville de Kousseri est submergée par les réfugiés arrivés à pied en traversant les ponts frontaliers ou par bateau. La plupart d'entre eux sont parvenus à trouver asile chez des proches, mais entre 6.000 et 7.000 personnes campent en plein air sur un terrain déjà utilisé lors de la crise tchadienne de 1980.
De son côté, l'opposition dénonce les arrestations musclées et arbitraires de ses leaders par les militaires. Le député Lol Mahamat Choua, ancien président du Tchad, a été ainsi été interpellé dimanche. Devant l'instabilité de la situation, le déploiement de la force européenne au Tchad reste suspendu. Le retard dans le déploiement des 3.700 soldats dans l'est du Tchad et en Centrafrique, ne signifie pas forcément un retard dans le véritable démarrage de l'Eufor prévu en mars, qui doit protéger 450.000 réfugiés du Darfour et déplacés tchadiens et centrafricains.
Nelson Mandela a consacré sa vie à une croisade politique, qui l'a mené à devenir le premier président noir de l'Afrique du Sud. Mais cet homme hors du commun, qui vient de célébrer son 90ème anniversaire, est aussi connu pour sa considération, sa sollicitude pour tous ceux qu'il rencontre, comme on peut le voir par certains témoignages.
En 1990, la libération de Nelson Mandela, après 27 années de prison, avait suscité un immense espoir de changement politique, après des décennies d'apartheid. Mais ce changement nécessitait des négociations délicates. Cheryl Carolus, aujourd'hui haut commissaire (ambassadeur) d'Afrique du Sud à Londres, était à l'époque un des principaux stratèges de l'Anc, le parti de Nelson Mandela.
Un souci: protéger la famille
Elle et son mari, Graham, également activiste, devaient partir en congés - un luxe qu'ils ne pouvaient que rarement se permettre. Mais une crise avait éclaté et Cheryl avait dû expliquer à Graham qu'ils devaient reporter leur départ. Ce dernier avait mal pris la nouvelle et, prenant son courage à deux mains, il avait appelé Nelson Mandela, pour lui expliquer en bredouillant que lui et son épouse ne pouvaient se voir que rarement, et que le congé qu'ils avaient prévu était important pour eux. Mandela l'avait interrompu après quelques secondes, disant: "tu n'as pas besoin d'aller plus loin. Pars. Je me charge d'expliquer aux autres pourquoi vous n'êtes pas là".
Un épisode qui illustre l'importance que Nelson Mandela attache à la famille, selon Cheryl Carolus: "c'est ce que l'apartheid nous avait pris, avec le système de main d'œuvre migrante, la prison, tout cela avait fait éclater les structures familiales".
Une épreuve
Une autre raison explique ce souci de protéger la cellule familiale: à l'époque, ses relations avec sa deuxième épouse, Winnie, étaient au plus bas. Pour Cheryl Carolus, ceux qui le côtoyaient de près savaient à quel point cela le faisait souffrir. Elle ajoute que lorsque Nelson Mandela avait fini par divorcer, il avait tout fait pour éviter que cela ne provoque le moindre embarras pour l'ANC , et pour ne pas forcer ses proches collaborateurs à choisir entre lui et Winnie, qui était elle aussi un des dirigeants du parti.
Mais l'homme ne parle pratiquement jamais de sa vie privée. Amina Cachalla est issue d'une famille dont l'engagement politique remonte au mouvement de résistance passive créé en Afrique du Sud par Mahatma Gandhi. Pour elle, "c'est comme si Nelson Mandela avait construit un mur autour de lui-même". Amina Cachalla ajoute que Winnie Mandela lui avait dit un jour que si son mari n'avait pas été emprisonné, ou que s'il avait été libéré plus tôt, il est probable qu'ils se seraient séparés de toutes façons.
"Je l'ai regardée avec surprise", poursuit-elle, "mais je crois qu'elle sentait qu'ils s'étaient tellement éloignés l'un de l'autre, chacun étant engagé politiquement à sa façon, chacun jouant à sa façon son rôle de dirigeant, qu'ils se seraient sans doute séparés, même s'il n'avait pas été en prison". La peine de cette séparation devait faire place à une nouvelle relation, qui s'est soldée par un mariage, avec Graca Machel, la veuve de l'ancien président du Mozambique Samora Machel.
Un geste parmi tant d'autres
Rory Steyn avait dirigé une des équipes de gardes du corps qui protégeaient Nelson Mandela durant ses cinq années de présidence. Il se souvient: "il avait coutume de lui acheter des chocolats, des fleurs, des bijoux. Il les achetait lui-même. Vous imaginez ce qui pouvait arriver quand Mandela allait à Sandton City (un centre commercial dans la banlieue de Johannesburg) pour se rendre à la confiserie? On essayait par des tas de moyens de l'en empêcher, de lui dire qu'on achèterait les chocolats pour lui. Mais il nous disait qu'il voulait les choisir lui-même".
Rory Steyn s'est rendu compte à quel point ces petits gestes d'apparence anodine comptent pour Nelson Mandela. L'ancien garde du corps, qui est blanc, explique que son éducation et sa formation au sein de la police à l'époque de l'apartheid l'avaient porté à se méfier, tout d'abord, de Nelson Mandela et de tout ce qu'il représentait. Tout a changé pour lui le jour où son nouveau patron avait prêté serment, et était devenu président.
Après la cérémonie, Nelson Mandela s'était rendu au stade d'Ellis Park à Johannesburg pour apporter son soutien à l'équipe de football sud africaine, qui jouait ce jour-là contre la Zambie
Après ce rendez-vous, le nouveau président, qui était attendu ensuite à Pretoria, était en retard sur son horaire. Mais sans rien dire, et à la stupéfaction de ses gardes du corps, il était sorti de sa voiture officielle pour aller à la rencontre d'un colonel de la police, un homme d'un certain âge, qui avait fait toutre sa carrière sous l'ancien système.
Rory Stein se souvient: "en voyant Nelson Mandela s'approcher de lui, l'officier n'en croyait pas ses yeux. Le président lui a tendu la main, et lui a dit 'colonel, je veux simplement vous dire qu'aujourd'hui vous êtes devenus notre police. L'ANC a gagné les élections, je suis devenu président. Et je veux vous dure qu'il n'y a plus de séparation entre nous et vous. Vous êtes notre police' ".
"Le vieil officier a fondu en larmes", ajoute Rick Steyn.
Fin de l'innocence
Cheryl Carolus se souvient d'un autre épisode qui en dit long sur Nelson Mandela: en 1995, elle avait annoncé lors d'une réunion qu'elle allait devoir passer plus de temps avec son père durant les semaines à venir, parce qu'il était gravement malade, atteint d'un cancer. Mandela l'avait serrée dans ses bras.
Plus tard, son père, un ouvrier pauvre qui vivait dans une cité noire, lui avait appris une nouvelle étonnante: "il m'a révélé que le président lui avait rendu visite, sans prévenir le personnel hospitalier ou les média. pour mon père, c'était comme un rêve".
Reste que Nelson Mandela a aujourd'hui 90 ans. Et que s'il n'a pas vraiment pris sa retraite, restant très actif, certains regrettent que son influence ne se fait plus sentir aussi nettement qu'avant. Le professeur Barney Pityana est un ancien activiste du mouvement de la conscience noire (Black Consciousness), militant des droits de l'homme, et théologien. Pour lui: "Mandela appartient à ce que j'aime appeler nos années d'innocence". "Au début, dans l'euphorie de la démocratisation, il était le symbole de nos espoirs. Mais aujourd'hui, quinze ans ont passé, et bien des choses ont changé".
Un hommage
Barney Pityana estime en effet que l'ANC est quelque peu parti à la dérive. Selon lui, Nelson Mandela s'est mis à la disposition du parti pour lui prodiguer des conseils éventuels, mais ne veut pas se laisser entraîner dans des querelles internes, ou passer pour un facteur de division. Je me suis adressé à un groupe de jeunes gens dans la rue Vilakazi Street à Soweto, la cité noire où Nelson Mandela était autrefois domicilié, pour leur demander leur avis.
Pour eux, aujourd'hui, le principal problème est de trouver un emploi. Mais l'un d'eux a estimé que "Nelson Mandela nous a donné des chances dans la vie, il nous a ouvert la porte". Un hommage qui, s'il l'entendait, irait sans doute droit au cœur de l'ancien président.
Sarkozy reçoit cette racaille qu'il voulait nettoyer au kärcher
A vous de juger!

Je suis noir! Et alors?

Je suis Noir,
et alors?!
Je suis Blanc,
et alors?!
Je suis Nègre,
et alors?!
Nelson Mandela

« Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, des préjugés et de l’étroitesse d’esprit »
À vous de juger!... - rdpl
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| Elle, elle a choisi d'être mannequin! |
Ils n'ont pas choisi, eux! |

Barack Hussein Obama
« Et nous sommes debout maintenant, mon pays et moi, les cheveux dans le vent, ma main petite maintenant dans son poing énorme et la force n'est pas en nous, mais au-dessus de nous, dans une voix qui vrille la nuit et l'audience comme la pénétrance d'une guêpe apocalyptique. Et la voix prononce que l'Europe nous a pendant des siècles gavés de mensonges et gonflés de pestilences, car il n'est point vrai que l’œuvre de l'homme est finie, que nous n'avons rien à faire au monde, que nous parasitons le monde, qu'il suffit que nous nous mettions au pas du monde, mais l'œuvre de l’homme vient seulement de commencer et il reste à l'homme à conquérir toute interdiction immobilisée aux coins de sa ferveur et aucune race ne possède le monopole de la beauté, de l'intelligence, de la force et il est place pour tous au rendez-vous de la conquête et nous savons maintenant que le soleil tourne autour de notre Terre éclairant la parcelle qu'a fixée notre volonté seule et que toute étoile chute de ciel en terre à notre commandement sans limite. »
Ainsi parlait Aimé Césaire, le poète martiniquais, chantre de la négritude, dans ce qui est considéré comme son œuvre majeure, le célèbre Cahier d’un retour au pays natal.
L’homme qui a passé toute sa vie à rechercher ses racines africaines et à combattre pour la dignité des peuples africains et de tous les opprimés de par le monde s’est éteint le 17 avril dernier. Comme en hommage à ce grand penseur et militant engagé dans la revalorisation de l’Afrique, un fils du continent, Barack Hussein Obama, né d’un père kényan, remportait haut la main l’investiture de l’un des grands partis politiques américains, le Parti démocrate, pour la prochaine élection présidentielle américaine de novembre. Une première dans l’histoire de l’Amérique.
Obama a-t-il lu Césaire ? S’il ne l’a pas fait, comme on peut logiquement s’en douter – Obama n’ayant jamais été surpris comme un chantre de la négritude ou un défenseur des causes africaines –, il gagnerait à le faire. Surtout s’il compte se rendre en Afrique, en cas de victoire en novembre. Il pourrait ainsi faire un discours approprié et intelligent à l’université de Nairobi, qui fasse oublier l’insultant et approximatif discours prononcé l’an dernier par un chef d’État français totalement en déphasage avec les réalités de l’Afrique d’aujourd’hui.
Après avoir fait mordre la poussière à celle que l’on présentait comme la candidate favorite avant le début des primaires démocrates, Obama doit à présent parachever le travail en renvoyant le vieux McCain à sa nostalgie du Vietnam, qui ne présage rien de bon ni pour l’Amérique ni pour personne d’autre que lui. Obama doit gagner en novembre pour confondre ceux qui n’ont vu en lui, au départ, qu’un petit Noir venu amuser la galerie. Pratiquement tous les bien-pensants et tous les grands connaisseurs autoproclamés de la question raciale aux États-Unis se sont fourvoyés. Un éditorialiste d’une revue panafricaine avait même très doctement expliqué comment il était impossible qu’Obama prenne la place réservée (par qui ?) de longue date à Hillary Clinton, l’épouse de l’autre.
Il y a eu tellement de racistes sur le chemin d’Obama qu’il est impératif qu’il gagne. Pour obliger ces derniers à se rendre à l’évidence que, pour paraphraser Césaire, l’on nous a trop longtemps gavés de mensonges, et que le soleil brille pour tout le monde, éclairant la parcelle qu’a fixée notre volonté seule.
Il faut qu’Obama s’installe à la Maison-Blanche. Il a la capacité de changer l’Amérique, de la débarrasser des Bush et affidés, pour la réconcilier avec elle-même et avec le monde. Le destin d’Obama est de réparer les immenses dégâts causés par huit années de bushisme médiocre et belliqueux. De mettre un terme à l’aventurisme militaire américain en Irak qui, au lieu de répandre la démocratie dans un grand Moyen-Orient utopique, a déstabilisé durablement la région, favorisant l’intégrisme et le terrorisme. D’arrêter les égoïsmes américains qui occasionnent tant de dommages collatéraux en Afrique et ailleurs.
Mais pour réussir ce changement, thème fort de sa campagne, Obama doit rester vigilant, car les racistes n’ont pas encore totalement abdiqué. Il devra se méfier des faux conseillers prompts à lui faire tenir des discours rompant avec la soif de changement qui explique son succès aux primaires. Il doit avoir le courage de garder ses opinions, y compris sur la cause palestinienne, d’autant plus qu’il s’agit d’une cause juste. Il a prouvé, avec le discours de Philadelphie sur la question raciale en Amérique, qu’il pouvait prendre l’initiative de débattre de questions pendant longtemps taboues. Il doit pouvoir rester ferme dans ses convictions et, surtout, être fier de ses origines, et en faire une valeur ajoutée. Césaire avait tiré de l’insulte « petit nègre », dont on l’affublait dans les rues de Paris, une motivation supplémentaire pour revendiquer fièrement sa négritude et l’inscrire comme un mouvement positif.
La victoire probable d’Obama à la présidentielle américaine ne sera un « moment décisif » que si le candidat gardait la fierté de ses origines africaines. Ainsi les Africains noirs qui se font appeler partout en Occident Mamadou ou Camara, ou par des noms de footballeurs et autres sportifs noirs, pourront lancer à ces racistes d’un autre âge : ne nous appelez plus Mamadou. Appelez-nous Obama. Personne ne doit pouvoir nous prendre notre président Obama. Au début, quand peu croyait en lui, on l’appelait le candidat noir, pour le dévaloriser. Puis, quand il a remporté les primaires, on l’a appelé le candidat métis. Quand Obama se rapprochera du Bureau ovale, comment l’appellera-t-on ?
Une chose est sûre : qu’au final il l’emporte ou pas, pour les Africains, Obama a déjà gagné. Les Africains-Américains désirant retrouver leurs racines africaines n’auront plus à se rendre forcément à Gorée, dans cette fameuse Maison des esclaves où ne s’est déroulée aucune des scènes de voyage sans retour des Noirs vers l’Amérique que racontait son loquace conservateur sénégalais. Le prochain lieu de pèlerinage se trouve sur les rivages du lac Victoria, au cœur du continent africain et du Kenya, dans le village de Nyangoma où attend l’authentique grand-mère Sarah Hussein Onyango Obama. Mémé Onyango, merci de nous accueillir, lors de notre retour au pays natal. L’Afrique, on vous l’a dit, est l’avenir du monde.
Par Valentin Mbougueng
Source: Afrique-Asie
Quand un être humain pleure, c'est qu'il est profondément bouleversé.

Elle vient juste d'être excisée, dans des toilettes, à même le sol!

Excision d’une fillette à même le sol dans des toilettes

Le rassemblement Démocratique pour la Paix et les Libertés (RDPL) est un parti politique du centre-gauche tchadien. Notre objectif majeur est la conquête du pouvoir politique et la (re)fondation de notre république.
Oui, notre République est en panne. Il faut oser la (ré) inventer. Il n'y a aucune raison objective et aucun intérêt pour nous, tchadiens, de s'accrocher à une structure qui nous a été formatée et léguée par le colonisateur dans l'unique et seul but de servir ses desseins.
Nous devons créer l'avenir pour nos enfants. Nous croyons, quant à nous, à un Tchad Fédéral, Démocratique, Social et Décentralisé. Nous pensons qu'il est possible de créer au Tchad, par nous mêmes, un État de droit et de justice ayant comme fondement de sa constitution des valeurs supérieures telles que la famille, la vie, la liberté, la justice, l'égalité, la solidarité, la responsabilité sociale, la démocratie et plus généralement la prééminence des droits de l'Homme et des peuples, l'éthique et le pluralisme politique! Nous croyons à ces valeurs qui constitueront les fondamentaux de la République que nous portons en ce moment en tête. Et cette République n'aura point le Franc de la Communauté Française d'Afrique (Fr CFA) comme monnaie nationale.
Voilà pourquoi nous proclamons que le Peuple tchadien, dans l'exercice de ses pouvoirs de création et le sacrifice de ses ancêtres; avec la protection de Dieu, faisant le serment de la concorde nationale, se fixe comme objectif suprême de "Refonder" sa République sur ses rochers culturels intrinsèques.
Nous nous engageons, avec le rdpl et de concert avec toutes les formations politiques et sociales qui ont avec nous une vue commune de la République, à établir une société démocratique et pluriculturelle dans un État de Justice, Laïc, Fédéral et Décentralisé qui consolidera les valeurs républicaines de libertés, d'indépendance, de paix, de cohabitation pacifique, de solidarité, du bien commun, de l'intégrité territoriale, d'unité, de convivialité, d'autorité et du respect de la loi pour la génération actuelle et les générations futures.
Nous nous engageons à défendre et garantir l'unité du pays, le droit à la vie, à la culture, à l'éducation, à la justice sociale et à l'égalité sans discrimination, ni subordination aucune; à promouvoir la coopération pacifique et "choisie" entre les nations; à impulser et à consolider la constitution des "États Unis d'Afrique".
La garantie universelle et individuelle des droits de l'Homme et des peuples, l'indépendance, la démocratie participative, les libertés fondamentales, la protection nationale des minorités ethniques et religieuses, le désarmement nucléaire, l'équilibre écologique et les protections juridiques de l'environnement sont des valeurs pour lesquelles nous nous engageons!
Amicalement vôtre
Michelot Yogogombaye.
Le régime d’Idriss Déby – Saleh Kebzabo
Ouvrez l'oeil, regardez bien l'âge de nos électeurs!
Elections présidentielles 2001 au Tchad. C'était , ici, dans ce même bureau de vote que le président Idriss Deby a accompli son de voir de citoyen. Aussitôt après le vote d'Idriss Deby, des enfants-electeurs ont été déversés par centaines dans presque tous les bureaux de vote de la capitale. Ces clicés sont l'oeuvre d'un membre de la délégation d'observateurs de l'Union Européenne. Le lendemain, la France fut le premier pays à reconnaître la validité de ces opérations electorales. L'Elysée, prenant acte de l'élection démocratique d'Idriss Deby à la Présidence de la République du Tchad, se félicite de la maturité politique des tchadiens et de la bonne marche de la démocratie au Tchad.
Le Tchad vit un cauchemar caractérisé par un pouvoir sans partage sous la férule implacable et impitoyable d’un homme, seul, qui a passé son temps à ruser, à mentir et à tromper tout le monde, à faire croire aux uns qu’il est des leurs contre les autres, à diviser quotidiennement ses compatriotes pour mieux les asservir, à diviser ses propres parents pour les opposer et être le seul recours. Cette pratique a également prévalu face aux partenaires du Tchad avec qui il a usé du charme ou du bluff, avec réussite, jusqu’à ce qu’ils ont constaté qu’ils tournaient en rond avec lui. Les pays voisins ont subi les mêmes approches, les plus nantis d’entre eux l’ont soutenu à bouts de bras, financièrement et diplomatiquement, avant de se rendre compte des limites de l’homme.
Idriss Déby, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un monstre froid, sorti du néant pour être propulsé aux avant-postes et jouer un rôle pour lequel il n’était jamais préparé et dans lequel il s’est installé pour jouer cette partition sans jamais varier, et rebondir dans les situations les plus difficiles, avec cette baraka qui caractérise les hommes qui croisent un grand destin qu’ils n’incarnent jamais. Quel bilan peut-on faire de sa gestion? Les qualificatifs ne manquent pas : calamiteuse, désastreuse, aventureuse, minable, catastrophique, personnelle, clanique …A-t-on encore besoin d’en rajouter, tellement il est patent ? Pour bien comprendre cet échec, il est important de remonter aux sources de ce pouvoir, du MPS et de ses dirigeants.
Le 1er avril 1989, c’est avec surprise et presque dans l’indifférence que les Tchadiens ont appris le départ en rébellion de quelques pontes du régime de Hissein Habré, appartenant exclusivement à l’ethnie zaghawa. S’il est vrai qu’à l’époque le tribalisme était l’une des marques du régime, le mot " zaghawa " n’évoquait rien dans le souvenir des Tchadiens. Minoritaires, ils vivaient en parfaite harmonie avec les autres Tchadiens. En puisant dans leurs souvenirs, ces derniers se rappelleront que M. Abbo Nassour, figure marquante des zaghawas, fut pendant longtemps le numéro deux du pouvoir de N’garta Tombalbaye, d’abord comme ministre de l’intérieur, puis comme président de l’Assemblée nationale. Ainsi que le sultan Abdéramane Haggar d’Iriba qui régnait sur la tribu et suscitait du respect. Sans plus.
C’est donc avec stupéfaction qu’ils vont faire la découverte de ces nouveaux compatriotes venus du Soudan qui s’illustrent par leur barbarie sanguinaire et leur tribalisme excessif. Et avec qui ils vont devoir cohabiter une quinzaine d’années, et peut-être plus…
Les dissidents de Hissein Habré n’étaient pas des inconnus de la scène politique : Hassan Djamous, Ibrahim Itno, Idriss et Daoussa Déby et quelques autres. Des motifs de cette séparation avec le " boss ", seuls quelques initiés en étaient informés, car aucun signe de crise n’était perceptible dans le système fermé de Habré. Ils étaient tous de très hauts responsables dans le gouvernement, l’administration et l’armée, ainsi que dans le monde des affaires. Le premier, le plus connu par ses faits d’armes dans le maquis des FAN, a été de tous les gouvernements depuis 1982, et chef d’état major général des armées au moment de son départ. Le second, par ailleurs frère du troisième, était le tout puissant ministre de l’intérieur.
Idriss Déby, enfin, a un parcours tumultueux. De son passé, on ne connaît pas grand-chose. Il est généralement admis qu’après l’école de pilote de l’air en France, son retour au Tchad coïncide avec les évènements de 1979 et il rallie naturellement les FAN de Hissein Habré. Le jeune homme brillait plutôt par sa timidité et sa retenue et n’a pas laissé de souvenir de grand baroudeur. Pour des raisons d’équilibre –déjà- il sera pourtant promu chef d’état major- adjoint des FAN aux côtés de Gouara Lassou, militaire de carrière et l’un des auteurs du coup d’état de 1975 qui, lui, était politiquement plus accompli et en a convaincu plus d’un par sa témérité au combat, au point d’être plébiscité à ce poste par les combattants!
Dès la prise du pouvoir en 1982, Déby va connaître une ascension fulgurante : commissaire aux armées et à la sécurité du parti-Etat et, surtout, " comchef " des FANT. C’est à ce poste qu’il va s’illustrer et marquer la mémoire des sudistes qui l’ont subi de la manière la plus tragique qui soit. Les milliers de familles endeuillées dans la répression aveugle et sanglante de 1984 qui a généré " septembre noir ", c’est lui ; la liquidation de centaines de cadres sudistes, c’est encore lui, jusqu’à la pacification totale du sud. Ces années noires lui colleront à jamais à la peau et il en éprouvera un complexe qui va marquer ses relations avec les sudistes.
Habré, pour des raisons inconnues, choisit de s’en écarter et l’envoie se former à la prestigieuse Ecole de guerre de Paris qui lui aurait permis de nouer de précieuses relations avec les officiers français. A son retour, il devait se contenter du titre sans pouvoir ni prestige de conseiller à la sécurité du Président de la République. Dès lors, c’est la descente aux enfers et il n’est pas exclu que l’idée d’un complot prenne corps à ce moment-là.
Au pouvoir, dans sa tentative de réécrire l’Histoire et son histoire, Déby dira que c’est le mépris de Habré pour les autres qui était l’une des causes de sa chute. Il faut croire qu’il a la mémoire courte, comme la suite nous le montrera. Le constat sous le régime de Habré est que dans le judicieux partage du pouvoir, la part belle revenait assurément aux Zaghawas. A priori, rien ne pouvait donc justifier ce divorce qui va pourtant s’amplifier très rapidement pour fragiliser le pouvoir UNIR et l’emporter en moins de deux ans. Les spectateurs du stade Idriss Ouya se rappellent que la cérémonie d’ouverture de la semaine nationale de la jeunesse était tendue et grouillait de rumeurs diverses. Le départ rocambolesque de Djamous et des autres dans la soirée sera confirmé par une opinion n’djaménoise très prompte à faire des recoupements. C’est le nom de Djamous qui alimentera le plus les conversations car c’est lui qui a la réputation de bravoure et de grand guerrier. Le successeur de Déby à la tête des FANT a dirigé les grandes batailles du nord et défait les Libyens. Aussi, lorsqu’on apprendra sa capture et son assassinat après seulement quelques jours d’escapade, ce sera comme un coup d’arrêt de cette rébellion naissante. Hissein Habré et l’UNIR, pensait-on, pouvaient donc retrouver le sommeil, car le mouvement était décapité.
Avant cette tentative, le Tchad présentait le visage d’un pays entièrement calme et pacifié. Au nord, la situation était sous le contrôle total du gouvernement; le centre était déjà sécurisé, les rebelles hadjaraï du Mosanat ayant choisi la rébellion à l’extérieur; au sud, tous les chefs militaires et politiques, par le truchement des accords, ont rejoint le bercail, en dehors de quelques officiers de l’ANT qui ont préféré l’exil ; c’est le cas de Djibrine Dassert et de Nadjita Béassoumal qui signeront avec les autres l’acte de naissance du MPS à Bamina. Pour être complet, il faut citer les Arabes, avec Ahmed Soubiane et Rakhis Mannany, notamment, qui ne sont pas arrivés à combler le vide laissé par le charismatique Ahmat Acyl, décédé accidentellement au sud en 1983( ?), mais apporteront une caution précieuse au mouvement.
Le MPS, hétéroclite dès sa naissance, va être géré dans cette ambiguïté par les Zaghawas, plus nombreux et déterminés. Ou plus exactement par Idriss Déby qui ne tardera pas à marginaliser ses " compagnons ", une fois le pouvoir conquis. Nous y reviendrons.
Depuis l’entrée en rébellion des Zaghawas en 1989, des témoins racontent qu’ils s’étaient singularisés au maquis en formant un bloc hermétique donc les activités étaient à la limite du fractionnisme. Sans remettre ouvertement en cause le leadership de Hissein Habré, ils étaient " ailleurs " le plus souvent et il se dit qu’à l’époque, ils avaient créé un réseau clandestin de caches d’armes dans les grottes de l’est. Dans les années 1988/1989, les rumeurs avaient circulé sur une vente d’armes secrète dans l’Ennedi, attribuée précisément aux Zaghawas. Habré a cherché à en savoir davantage et n’a pas été convaincu par les explications du Cemga (Djamous) et du ministre de l’intérieur (Itno), et encore moins de son conseiller à la sécurité (Déby). Il est vraisemblable que cette affaire a créé une fissure au sommet de l’Etat et que la confiance était rompue. C’est une course contre la mort qui est engagée et Habré devait avoir ses compagnons à l’œil. L’inévitable rupture devait se produire et la date du 1er avril 1989 a été retenue pour éliminer Hissène Habré. Echec, départ précipité pour le maquis…Le bloc du nord éclate en gorane/zaghawa.
Malgré l’absence de Hassane Djamous, les nouveaux maquisards vont s’organiser immédiatement, en récupérant le stock d’armes cachées dans les grottes. Ils ont l’avantage du terrain. Le Darfour soudanais , prolongement naturel du " dar zaghawa ", est majoritairement peuplé de cousins dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils ont un sens sacré de la solidarité fraternelle…et des affaires ! Les Zaghawas soudanais ont vite compris qu’au-delà de la famille, il y a au bout de l’aventure un pays à conquérir et à piller, comme au bon vieux temps des razzias. Les engagements préliminaires ont été pris par les Tchadiens qui ont bénéficié immédiatement de toutes les aides : politiques, diplomatiques, financières, militaires et humaines. Si l’on ajoute à ce tableau que les militaires français n’allaient pas rater cette occasion de bouter hors du pouvoir Habré, la boucle est bouclée et les jours de Habré comptés.
Tactiquement, les rebelles ont rondement mené leur affaire et peuvent envisager de prendre le pouvoir. Ah le pouvoir ! Ils en voulaient depuis des années, le voilà enfin à leur portée. Cette rébellion d’essence tribale, voire tribaliste, va se donner des couleurs nationales et tenir un discours patriotique pour élargir sa base et recruter dans le vivier des anti-Habré ; il va s’aventurer à promettre la démocratie aux Occidentaux pour leur plaire. Après deux grandes batailles, les FANT sont défaites et la route de la capitale ouverte. Quand la première colonne fait son entrée triomphale à N’Djaména, personne n’y croit. Le chef du mouvement lui-même ne sera là que quatre jours plus tard pour lire un texte préparé par Ousmane Gam : " ni or, ni argent "…On connaît la suite.
Le pouvoir se met difficilement en place. Les hommes-clés, issus du maquis ou du vivier trouvé sur place seront désignés pour le contrôler. Tous les Zaghawas vont former un bloc compact autour de Déby pour pérenniser le pouvoir et le conforter au profit de la tribu. Ce que Déby comprendra comme une entreprise à son profit personnel! Il laissera donc se constituer tous les lobbies politiques, administratifs, militaires et commerciaux ou affairistes et mafieux, autant qu’ils ne le menacent pas. Les frères Erdimi, les Haggar et d’autres vont vivre leurs heures de gloire au pouvoir pour faire et défaire les hommes et les situations. Si Déby a résisté à toutes les épreuves intérieures et extérieures, c’est en partie grâce à l’intelligence politique de ce lobby qui a utilisé toutes les ficelles pour renforcer le pouvoir. A son passif, la mise au point d’une redoutable machine de fraude électorale qui tourne encore sans eux ! Déby feint de l’ignorer.
Mais Déby devait aussi se consolider militairement. Toutes les velléités d’opposition sont écrasées dans un bain de sang : les Hadjaraïs, les Ouaddaiens, les sudistes qui se sont aventurés à créer des rébellions l’ont payé de leur vie, sans aucune pitié. Même des Zaghawas comme Abbas Koty et Bichara Digui y ont laissé leur vie. C’est dire que Déby a fait la démonstration qu’il ne lésinerait sur rien pour conserver son pouvoir. Les ressortissants du BET n’ont pas été épargnés, puisque Youssouf Togoimi et Mahamat Guetti ont sauté sur des mines. Cette logique qu’il a voulu réserver à des parents plus proches, auteurs du coup du 16 mai 2004 et de la rébellion d’octobre 2005, coupables d’ouvrir des brèches dans le bel édifice du clan, et de perturber les cartes au moment où les pions se mettent en place pour la marche vers un troisième mandat présidentiel n’a pas, pour une fois, fonctionné. Si l’édifice a craqué, c’est qu’il a voulu trop tôt s’affranchir de certains tuteurs intérieurs et extérieurs.
Mauvais élève et mauvais héritier de son seul maître à penser politique, Hissein Habré, Déby n’a pas retenu toutes les leçons de l’histoire et du maître. Habré a eu recours à un discours tribalo-religieux qui a abouti aux évènements douloureux de 1979, lesquels ont durablement marqué la vie politique tchadienne. De cette époque, Déby n’a retenu que cette leçon et n’a pas suivi son maître dans son évolution politique des années suivantes, sans doute trop préoccupé par la préparation d’un coup d’état. Quand, par un malheureux hasard de l’histoire, il se retrouva aux commandes du pays, il était politiquement immature et n’a pas su adapter son discours aux réalités du moment. A la création du MPS, son seul schéma était le contrôle du mouvement. A N’Djaména, les alliés réalisent que Déby et les siens les avaient de fait écartés. Un visionnaire comme Ousmane Gam s’en est inquiété dès les premiers jours et a continué de marquer sa différence jusqu’à son départ en exil au Bénin. C’est de cette époque que date la notion du " pouvoir gorano-zaghawa ", réduite ensuite au groupe zaghawa, pour aboutir aux clans et aux sous-clans que nous découvrirons au fur et à mesure des péripéties politiques : kobé, bidéyat, borogat, biliya…
Faute de philosophie et de culture politique qui orientent son action, Déby use, jusqu’à en abuser, de la ruse tribale pour diviser et opposer les acteurs: le nombre disproportionné de ses corégionnaires dans le gouvernement, la haute administration civile et militaire, la diplomatie et dans le monde des affaires procède de cette politique de tout verrouiller par la région, puis la tribu, ensuite le clan, et enfin la famille pour s’approprier le Tchad et en disposer comme d’un patrimoine privé. L’on s’était mépris à l’idée d’un pouvoir musulman ou islamique voire islamo-sahélien: les intéressés eux-mêmes ont été grugés et découvriront tardivement qu’ils ne constituent qu’un maillon insignifiant d’une machine qu’ils doivent servir et ne profiter que des résidus. Lesquels, aux yeux des autres Tchadiens, sont une fortune ! Et tout le monde s’en mord les doigts. A l’inverse, les siens sont bien servis : au nom de la " mémoire des martyrs ", rien n’est laissé au hasard pour permettre à ce beau monde de se servir à satiété. Et ces derniers temps, le cercle privilégié s’est rétréci à la famille stricte et à la belle famille la plus récente. C’est cela la gestion privative du pays.
Une étude plus affinée nous édifierait sur la machine mise en place pour asservir les Tchadiens : aucun membre du clan et quelque soit son niveau d’instruction, n’est en chômage. Tous occupent de hautes fonctions pour écumer et ponctionner l’Etat, et ceux qui sont tapis dans l’informel finissent la besogne. Sous Déby, l’Etat a été totalement déstructuré au point de devenir informel, et l’armée entièrement désorganisée pour faciliter la tâche des prédateurs et, sur le plan politique, justifier son séjour illimité à la tête du pays. Ainsi, à la veille des élections présidentielles de 1996 et 2001, l’argument militaire l’a emporté dans les chancelleries pour " l’élection " de Déby : qui d’autre que lui peut maîtriser l’armée, ou ce qui en tient lieu ? Et pourtant, toutes les tentatives de la France ou de la Banque Mondiale de réformer un tant soit peu l’armée ont englouti des dizaines de milliards de francs en pure perte pour les partenaires, mais pas pour le clan.
Dans ces conditions, peut-on le créditer d’une volonté quelconque de respecter le cahier des charges des états généraux de l’armée ? Il est permis d’en douter, car il n’a commencé à le faire que quand il a rencontré des problèmes. D’ailleurs, réforme-t-on une machine aussi lourde que l’armée en se contentant de quelques nominations dont celles d’officiers véreux et illettrés ? Les gesticulations de Déby ne sont que purement conjoncturelles pour gagner du temps. La dissolution de la Garde Républicaine n’émeut personne, car elle intervient au moins pour la cinquième fois, pour des motifs divers et toujours claniques ! Il n’en aura décidément tiré aucune leçon !
Idriss Déby a réussi la prouesse de créer une fracture nationale sans précédent. Jamais les Tchadiens n’ont été aussi divisés qu’aujourd’hui, sans aucune perspective de retrouver l’unité indispensable à la construction et au développement. L’on a rarement vu, même en Afrique, un pays bâti sur des injustices aussi criantes comme au Tchad. L’Etat est instrumentalisé pour consacrer les inégalités, au détriment du règlement des problèmes les plus simples qui ont fini par déborder les dirigeants. Quand on gère sans aucune vision ni ambition, on reste au bas des pâquerettes pour vivre au quotidien sans aucune perspective du lendemain. Jamais il n’y a eu autant de conflits intercommunautaires que sous le règne de Déby, laissant chaque fois des dizaines de morts et des familles endeuillées ; ces conflits créent des rancoeurs et une haine inexpugnable. Et pour finir, on a créé des catégories de Tchadiens : une race de seigneurs et une autre de serviteurs, corvéables et taillables à merci. Déby se comporte comme s’il n’a cure de l’avenir du Tchad et des Tchadiens, seul le présent l’intéresse pour jouir des délices du pouvoir. Sa vie privée le montre amplement. Le pouvoir lui est monté à la tête et il n’a que du mépris pour tout le monde.
Son discours du 16 novembre devant quelques militants du MPS renforcés par des banlieusards appelés à la rescousse, a laissé pantois plus d’un observateur. Egal à lui-même et comme sous l’effet d’une drogue, il a ét&ea | |