• Le 13 novembre 2006, le Bureau Politique de la Concorde Nationale du RDPL adressait cette lettre ouverte à Monsieur Ahmat YACOUB, Conseiller du FNTR et au Dr Djimadoum LEY-NGARDIGAL, Secrétaire Général de l’ACTUS, respectivement Président et Vice-président du  COPORT.

    Chers Ahmat et Djimadoum,

    Le samedi 29 octobre dernier, vous avez été élus par les délégués des partis politiques de l’opposition démocratique plurielle et des politico-militaires, respectivement Président et Vice Président du Conseil Provisoire de l’Opposition pour l’Organisation de la Transition (COPORT), la nouvelle institution de l’Opposition plurielle. Bravo à vous!

    C’est bien l’objectif pour lequel vous vous battez avec méthode et abnégation depuis la dernière conférence de cette même opposition il y a une année, en y consacrant  vos efforts et tous les moyens d’une opposition disparate, anxieuse, incapable de s’organiser et de présenter un programme politique alternatif cohérent et crédible. Il faut dire que la crédibilité sur le plan tant national qu’international est sérieusement mise à rude épreuve et le peuple tchadien paye cela d’un lourd tribut.

    Pour peu qu’on entre dans vos parcours et vos rares confidences, on s’aperçoit que vous avez toujours été de la haute lutte pour la paix, la liberté, la justice sociale, la démocratie intégrale, l’unité des fils et filles du Tchad dans leur diversité, ainsi que l’aura de notre pays au plan international. Vous imposiez déjà ce devoir à votre tendre jeunesse, déjouant parfois des pièges mortels allant jusqu’à même sacrifier vos familles respectives en les privant, à la moindre occasion, du bonheur d’être en famille, chez soi. Vous venez là d’assumez, encore une fois, une responsabilité historique dont le peuple tchadien attend avec inquiétude mais aussi avec espoir, les étincelles qui jailliront de vos actions. Vous endossez-là une responsabilité déterminante pour un pays menacé de désintégration politique, économique et sociale ; plongé dans un chaos indescriptible par un homme porté à bout de bras par l’incompréhensible intervention arrogante du Gouvernement français et toujours protégé par l’armée française.

    Et comme on dit qu’il faut un chaos pour que naisse une étoile, votre devoir est maintenant de faire en sorte que naisse en fin cette étoile de la raison pour éclaircir l’horizon combien obscur de notre pays. L’échéance partielle de la vérité est fixée au début du printemps prochain à Adis Abeba. Vous devez savoir que la tâche ne sera pas du tout repos moins encore aimable, que vous serez condamnés par tout le monde en cas d’échec mais personne ne viendra vous féliciter en cas de réussite. Mais n’abandonnez pas! Car vous le saviez sans doute: tout homme qui fait quelque chose a forcément trois catégories d’ennemis sur son chemin:

    1. ceux qui veulent faire la même chose
    2. ceux qui veulent faire exactement le contraire, et surtout
    3. la grande armée des gens beaucoup plus sévères qui ne font rien ou qui n’ont rien à faire.

    Alors, quoiqu’il arrive, sachez masquer votre déception. Prenez votre courage et votre détermination derrière vos sourires polis, mais n’abandonnez jamais !

    On a souvent coutume de dire au Tchad : « Nos frères ennemis ». Pour notre part, il n’y a pas de « frères ennemis » au Tchad mais simplement des « frères et sœurs » tout court qui ont été trompés, utilisés et qui, contre eux-mêmes, dans l’ignorance se sont massacrés, pour ne paraphraser un célèbre artiste musicien tchadien. Et pour cause, le jour même où a lieu votre élection au COPORT, des tchadiens se sont massacrés. Des hommes et des femmes de valeur sont tombés et chacun des auteurs revendique la victoire. Victoire sur qui? Contre qui ? L’histoire nous nous le dira, peut-être.

    Toujours est-il que l’abandon de l’usage de la force pour prendre le pouvoir ou pour s’y maintenir est l’un des dossiers chauds que vous aller prioritairement aborder. Tous les tchadiens en ont fait une priorité et un argument de campagne pour le « Grand Dialogue National » appelé de tous leurs vœux. Malgré les pauvres yeux myopes de Jacques Chirac et du Gouvernement français, incapables de saisir les dangers d’une « somalisation » et d’un « Rwanda bis » au Tchad, pour nous tchadiens le risque est réel et le danger considérable. Nous devons relever le défi nous mêmes et tous ensemble car la menace nous concerne tous.

    La responsabilité que vous assumez maintenant n’est, elle, non plus sans danger : celui de voir l’unité de l’opposition s’évaporer à jamais en cas de défaillance dans l’accomplissement de votre mission, pour laquelle, il faut le souligner, vous n’êtes pas rétribués.

    Faire l’unité de l’opposition ; obtenir un consensus au Tchad n’est pas une tâche facile. Beaucoup de vos prédécesseurs ont échoué sur ce terrain. Ils n’étaient toujours pas à la hauteur de la tâche. Le comble pour vous est que vous avez été élus dans un contexte d’un double handicaps: celui d’abord l’opposition elle-même tant de l’intérieur que de l’extérieur, qui ne se prive pas d’occasion pour afficher sa défaillance, ses divisions; incapable de s’unir autour d’un projet d’alternance crédible. Ensuite Idris Deby, grand fossoyeur de la nation devant l’éternel et sont gouvernement, conscients de la faiblesse des forces en face et forts des prébendes pétroliers gigantesques (en ce qui concerne le Tchad), ne jurent que par les armes pour botter le cul aux empêcheurs de tourner en rond.

    Mais le combat que vous menez sans tambour battant, dans des conditions souvent difficiles, est un bon et noble combat même s’il est ingrat. En cela, vous n’êtes pas les plus mal placés pour le savoir : il y aura des trahisons, des coups bas sur le chemin de votre responsabilité. Vous connaîtrez des périodes fastes mais aussi des moins bonnes. Le RDPL vous encourage et vous recommande une seul chose : soyez des patriotes fermes et inoxydables face aux torpilles sous-marines qui blesseront sans doute vos coeurs de manière monotone. Restez fermes tout en poursuivant le combat pour l’unité du Tchad. Privilégiez l’esprit d’unité et du rassemblement. Mais sachez aussi que l’unité d’action de l’opposition ne signifie pas « parti unique » de l’opposition. Vous devez accomplir votre mandat dans l’intérêt général du peuple tchadien, sans calcul, aucun, quelle qu’ait été la force de vos ambitions personnelles. Vous devez surtout répondre aux attentes d’une opposition plurielle qui vous prête le pouvoir alors que vous-mêmes êtes par ailleurs des leaders de partis politiques d’opposition. Ne confondez pas la voix de l’opposition à celle de vos partis respectifs.

    Cette conférence de l’opposition qui, il faut le rappeler, semble exister de nulle part, nourrit à nouveau l’espoir d’imposer une nouvelle méthode d’apporter le changement pacifique tant attendu des tchadiens. Les adversaires de la paix, de la liberté et de l’alternance démocratique au Tchad chercheront encore, toujours et certainement en vous, le défaut de la cuirasse et les faiblesses de la méthode initiée. Mais armez-vous du courage. Restez ouverts et inoxydables. Consultez, écoutez et prenez les avis des uns et des autres! Soyez prisonniers du consensus nécessaire de l’opposition et, au-delà, de l’unité du Tchad. Evitez la bureaucratie sans grands moyens. Soyez pragmatiques.

    L’avenir du Tchad s’annonce chaotique et pour cause, l’espoir suscité par la conférence nationale de 1993 est bien mal en point. La crise ouverte depuis la modification illégitime de la constitution sape les bases d’une alternance démocratique tant attendue par les tchadiennes et tchadiens. Le Darfour mais aussi la Centrafrique ; les divisions suicidaires des politico-militaires, les violences interethniques savamment entretenues, les complices coupables des humanitaires, l’incapacité de l’opposition démocratique à parler d’une seule et même voix, lintransigeance d’Idris Deby à accepter la tenu d’un dialogue national inclusif, les tirs de semonce et l’armée française etc. sont autant de conflits et déboires dans lesquels le peuple tchadien est plongé sans le vouloir, de son cru, par un homme dont l’unique objectif est de se maintenir au pouvoir et détruire le Tchad. Ce sont là quelques uns des dossiers chauds déjà sur table qui vous épuiseront perpétuellement jusqu’à l’échéance d’Adis Abeba.

    Le Tchad, notre pays, est aujourd’hui le seul pays au monde où tout va de travers et où les crises humanitaires, les manifestations d’indignation qui en découlent n’ébranlent aucunement le cynisme des gouvernants et leurs acolytes. Face à cette accumulation de désastres, le peuple tchadien se trouve seul et désemparé. Il compte sur vous ! D’autant plus que, ce qu’il est convenu d’appeler la communauté internationale et ce machin de l’Union Africaine paraissent aujourd’hui impuissantes. Alors à vous qui incarnez désormais l’espoir de réconciliation et d’unité d’action de l’Opposition pour sortir le Tchad de l’ornière, le RDPL vous souhaite bon courage, vous en avez besoin ! Et quoi qu’il arrive, n’abandonnez jamais !

    Rassemblement Démocratique pour la Paix et la Liberté au Tchad (RDPL)
    Président du Bureau Politique de la Concorde Nationale

    Michelot Yogogombaye
    Président.
    (0041) 79 226 93 21.
    www.rdpltchad.ch


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    Il faut se battre pour l'indépendance, la paix et la liberté

    Les impérialistes utilisent les valeurs culturelles, scientifiques, techniques, économiques, littéraires et morales pour justifier et maintenir leurs régimes d'exploitation et d'oppression. Les peuples opprimés, d'autre part, utilisent des valeurs culturelles autres et de nature contraire à celles des impérialistes afin de mieux combattre l’impérialisme et d'échapper au régime colonial.<o:p></o:p>

    Le projet de Constitution ne doit pas s'enfermer dans la logique du régime colonial qui a fait juridiquement de nous des citoyens français, et de nos Territoires, une partie intégrante de la République française Une et Indivisible. Nous sommes africains et nos Territoires ne sauraient être une partie de la France. Nous serons citoyens de nos États africains, membres de la Communauté franco-africaine”.<o:p></o:p>

    Nous avons, quant à nous, un premier et indispensable besoin, celui de notre Dignité. Or, il n'y a pas de Dignité sans Liberté, car tout assujettissement, toute contrainte imposée et subie dégrade celui sur qui elle pèse, lui retire une part de sa qualité d'Homme et en fait arbitrairement un être inférieur. Nous préférons la Pauvreté dans la Liberté à la Richesse dans l'esclavage“.<o:p></o:p>


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  • LES DUPES, L’ARGENT & LE CHACAL                                                                                                                                        

    Les dupes, l’argent et le chacal. Au Tchad d’Idriss Déby, les bonnes nouvelles sont suffisamment rares pour être appréciées à leur juste valeur. Pourtant, si l’avarice est mise au nombre des pêchés capitaux, la stupidité en est omise.

    L’étrange syndrome des postes et argent malsain gagne sans équivoque une certaine opposition. Fondamentalement, tous les idéaux exprimés jusqu’ici en terme de changement, de reconstruction politique, économique et sociale se trouvent banni pour des ambitions qui n’honorent pas les acteurs des accords raccommodés, qui ont un seul but : leur personne. Le Tchad et son peuple après.

    Nous avons dit, et ne cessons de dire que le pouvoir actuel au Tchad est stérile. Dix-sept ans d’existence noire de bilan. C’est dans le renouveau et le changement des hommes et des structures que l’espoir renaîtra. Alors… Que dire d’une certaine opposition gesticulant aux prémices de dés. Des hommes dansant une farandole cocue oubliant de facto l’unité de genre et bafouant la dynamique faite de l’union sacrée. Ibn Oumar Mahamat Saleh est ainsi sacrifié, assassiné une deuxième fois… L’argent du chacal intéresse autant de dupes qui ne pensent qu’à leurs dards mais a-t-on pensé aux nombres d’accords non respectés, les promesses non ténues. La menace la plus importante repose sur l’isolation des revendications politiques et politico militaire. La semi ouverture faite par Idriss Déby à une opposition voulue et choisi par lui, ne vise qu’à esseuler et delegitimiser une autre frange d’opposants qui lui posent une réelle équation. Les revendications des mouvements de résistance nationale sont claires et plus que potables si Idriss Déby veut construire et éviter un affrontement.

    Certains membres de la CPDC constituent une masse de foutre qui ne pensent qu’à flirter avec un chacal sauvagement conquit de ses proies, et dont l’appât est tenace. Tout ce monde qui ne rêve que de la mangeoire sait à l’avance qu’il n’y aurait aucune convenance, et que tout est fait pour faire valoir à l’opinion internationale une nature de démocratie. En contribuant à établir un faux de procédure, on se rend complice d’un dilemme qui aura ses conséquences plus tard.

    De l’ouverture d’un forum national, aux flirts de N’djaména, le risque prit risque de dénaturer la synergie de l’espoir. Un espoir fait de changement, de ne point accepter la main mise sur l’état par une calamité mafieuse. Le rêve d’un espoir délivrant l’amour du citoyen, l’amour de l’autre. Un espoir de paix, de justice et de développement. Les ratés de vision ne feront que compliquer l’existence d’un étau face à un pouvoir abject. La conscience doit prévaloir sur les choix mercantiles, dès lors qu’il s’agit d’une abjuration et d’une lâcheté ou pire d’un camouflage indigne. L’actualité au Tchad a démontrée que les félons récidives perpétuellement. On prend les mêmes et on recommence avec le même cycle stérile du manquement et du surplace.

    Rien ne viendra rassurer l’homme tchadien. Je parle de millier de tchadiens comme moi qui aspire à autre chose, du vent… de l’air, que les rapaces et les phacochères. Il sera loin le temps de la vie où l’ego se dilue dans l’espoir et resurgit dans l’affection. Le raccommodage n’a jamais ténu un pan rapiécé.

    MAHAMAT ASSILECK HALATA, in Tchadvision, 28.04.08


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