• Les arnaqueurs de la République

    N’djamena est une ville fantôme. Elle se vide de ses cadres, de ses hommes d’affaires, bref tous les étouffés du pouvoir s’en aillent. Seuls les obligés, les proches du régime et quelques fatalistes y restent. On sait que l’argent et en général les affaires, sont les propriétés exclusives de la mafia au pouvoir. Mais curieusement les grosses affaires, càd la haute magouille, les faux marchés, les faux achats, le blanchissement, etc., ne se discutent plus dans notre capitale, même si les auteurs y résident.

    Muselée, la presse locale écrite indépendante ne fait plus cas des activités déchues des membres du clan au pouvoir, mais forte de son immunité d’expression, la presse online se donne à cœur de rapporter les moindres faits du clan, jadis considérés du domaine de la vie privée, donc passés sous silence, pudeur oblige. Traquer les délinquants de la Républiques est devenue une occupation et préoccupation quotidienne de la presse online. Du coup, apeurée, la mafia locale « a délocalisé » les affaires. Plus rien ne se traite sur place. Tout se fait, se décide et se traite à Paris. Les va-et-vient entre Paris et N’djamena des proches du clan sont tout simplement ahurissants. Selon une source de l’aéroport, un membre du clan a fait 4 allers-retours en une seule semaine entre les deux villes. Quand un Younousmi, un Daoud Hamid, Abbas Tolli, Mahamat Orozi, Mahamat Tahir « Al Manna », ou un Oumar Deby, etc., passe par paris, l’hôtel où il loge devient carrément un souk. Tous les marchands des illusions et autres marchands d’armes, défilent. Ça rentre, ça sort, ça se discute, ça s’arnaque. Tout est négocié et conclu en France. Les transactions sont effectuées et les commissions payées sur place sur un compte de la place, càd parisien, car, outre des comptes privés anonymes pour des transactions mafieuses, deux sociétés bancaires logent des comptes du gouvernement tchadien dont les signatures sont détenues par Abbas Tolli, Younousmi et Daoud Hamid. C’est propre !

    Les marchands des illusions arnaquent les tchadiens mais quelques fois les truands de la république savent aussi arnaquer les marchands. Le tout puissant Maire de la ville de N’djamena descend sur Paris accompagnant un parent malade. Comme d’habitude, tous les marchands défilent devant son hôtel et notre petit « pick pocket » distribue les factures payables immédiatement. A celui-là il lui file une facture de 25.000 euros payable à l’hôpital américain, à l’autre 23.000 euros pour remboursement des titres de transport, à un troisième 50.000 euros à déposer dans son compte parisien. Ce sont des avances sur commissions sur les futurs contrats. Tout le monde est invité immédiatement à venir à N’djaména où des contrats juteux de construction des bâtiments, des rues, etc., de la ville de N’djaména, les attendent. Arrivé à N’djamena, celui qui avait déboursé 25.000 euros, a été refoulé par la police de l’aéroport. Celui de 50.000 euros a été enfermé dans une chambre d’hôtel n’djamenois avec interdiction formelle de sortir ou parler avec quelqu’un. Après un séjour d’une semaine, le M. a traversé le Chari. Le troisième n’a pas osé mettre pieds à N’djamena. Mais qu’est-ce que nous avons fait à Dieu ?

    Beremadji Félix, N’djaména




  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :