• S'adressant lundi soir à la nation, Idriss Déby accuse l'EUFOR de complicité active avec les rebelle


     

     

    Tchadiennes, Tchadiens

     

    La Nation traverse, une fois de plus, une dure épreuve due à la permanente agression du Soudan contre notre peuple. Malgré les intentions génocidaires de nos ennemis et la campagne médiatique développée pour les soutenir, je félicite chacun et chacune de vous du calme dont vous faites preuve depuis le déclenchement de cette énième invasion. Je salue votre sérénité et votre courage, car au fil des agressions, les Tchadiens ont appris à compter sur eux-mêmes et ont compris qu’eux seuls peuvent se défendre et défendre leur cher pays.

     

    Combien de fois nous avons repoussé les attaques soudanaises dont la puissance est allée grandissante. Dès 2003, prolongeant chez nous le génocide organisé contre les populations du Darfour, les milices Djandjawid ont brûlé nos villages, pillé notre bétail et nos récoltes, détruit nos infrastructures sociales, transformé nos compatriotes de l’Est en réfugiés dans leur propre pays.  Nous avons régulièrement tenu informées l’opinion et les organisations internationales. Certains ont versé des larmes de crocodile, quelques voix ont condamné timidement, mais le Soudan n’a rencontré aucun obstacle dans sa politique de destruction du Tchad.

     

    A chaque acte d’agression, la communauté internationale se complaît à nous renvoyer dos à dos avec notre agresseur et à jouer les prolongations, de réunion en réunion, ce qui encourage le Soudan dans son œuvre hégémonique contre le Tchad.

     

    Le Tchad continue de supporter seul la violence de l’agression, le fardeau économique de cette politique de terre brûlée et l’accueil des centaines de milliers de réfugiés, en plus de ses déplacés nationaux. La faible assistance arrivée au profit des réfugiés contribue elle-même au déséquilibre de notre économie locale.

     

    Depuis le 11 juin 2008, l’agression en cours dans notre pays procède de la même logique que les attaques précédentes. Elle est cependant doublée cette fois-ci d’une intention vicieuse de destruction économique et morale. Depuis près d’une semaine, des colonnes à bord de véhicules tout terrain sillonnent la brousse de l’Est, par les mêmes chemins empruntés il y a peu par les Djandjawid et les mercenaires. Ces colonnes motorisées évitent bien sûr les camps militaires, pour s’en prendre uniquement aux localités isolées et dépourvues de garnisons militaires. A la suite de leur passage dans ces localités, les envahisseurs inondent de communiqués faussement triomphateurs sur les ondes de certains médias étrangers complaisants. Mais ces mensonges prendront fin bientôt.

     

    Tchadiennes, Tchadiens

     

    A la suite de nos nombreux appels adressés à la communauté internationale, nous avons accueilli avec joie la force de l’EUFOR chargée de sécuriser les populations réfugiées, déplacées et les humanitaires. Mais quel ne fut notre surprise de voir dès la première épreuve hostile cette force coopérer plutôt avec les envahisseurs, laissant emporter les véhicules des humanitaires, incendier leurs stocks de vivres et de carburant et fermant les yeux devant le massacre programmé des populations civiles et des réfugiés. Oui, mes chers compatriotes, nous sommes en droit de nous interroger sur l’efficacité de cette force de l’utilité de sa présence au Tchad.

     

    Mais nous savons depuis 2003 que notre pays est l’objet d’un complot international visant à le replonger dans la guerre civile. Le but de notre ennemi, le Soudan, est la destruction du Tchad, comme l’ont démontré ses agents qui ont envahi N’Djaména les 1er et 2 février dernier. Le spectacle de désolation offert par ces barbares des temps modernes n’a d’égale que leur furie à vouloir imposer au Tchad et aux Tchadiens de nouveaux modes de vie et nouvelles manières de penser inconnus de notre peuple traditionnellement tolérant. Le pillage des archives constitutives de la mémoire de notre administration, la destruction des symboles de l’Etat républicain que sont la justice et le parlement font partie de ces crimes dont les stigmates sont encore vivaces dans notre esprit.

     

    Mais, comme je l’ai noté, notre attachement à  l’indépendance et notre sursaut national seront toujours nos meilleures armes pour mettre en échec ce complot. J’ai confiance en la capacité des Tchadiens à repousser tous les agresseurs et leurs mercenaires, mais que ceux qui financent cette machine de destruction contre le Tchad sachent surtout qu’ils le paieront cher.

     

    Tchadiennes, Tchadiens

     

    Debout, comme un seul homme, quelle que soit notre appartenance régionale, religieuse ou autre, nous devons faire bloc autour de nos institutions pour bouter l’agression hors de notre territoire. Dans ce combat, évidemment, nos forces armées et de sécurité sont engagées avec toute leur énergie. Il s’agit d’un défi important que notre chère patrie doit relever à tout prix pour aspirer à la paix et à un avenir meilleur.

     

    Trop de larmes ont été versées, trop de sang a coulé, trop de vies ont été perdues sans que la communauté africaine et internationale s’en émeuve. Nous savons que nous devons compter uniquement sur nous-mêmes. Le Tchad est en droit de mettre tous les moyens à sa disposition pour faire face à l’agresseur.

     

    La victoire est certaine

    Vive la République

    Vive le Tchad


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